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  • Joachim Caffonnette

VE-JO-TARIEN !

Les recettes à Jojo #lesvégétariensnesontpasdeslapins.


Réflexions sur le végétar(l)isme et lancement d’une page de recettes veg’ et gourmandes.

AVERTISSEMENT : Voici une phrase prononcées par trois personnes cet été en goûtant à un plat végétarien de qualité : « Si c’est ça être végétarien, je veux bien ! ». C’est le but de cet article, n’y voyez pas un argumentaire aigri. Même si certaines phrases pourront paraître extrêmes, je commence à me rendre compte (il m’aura fallu le temps), que traiter de connards ceux qui ne sont pas d’accord avec vous ne fait pas avancer le schmilblick. (Qu’ils en soient ou non, qu’ils aient fondamentalement tort, ou vous affirment que 2 et 2 font 6,896). J’essaie donc d’être aussi respectueux que possible dans le texte qui suit. Mon objectif est, en fin de compte, de lutter contre le « tout viande » et son industrie délirante en proposant des chouettes plats qui n’en contiennent pas.


Il y a des tonnes de blogs vegans/végétariens, il y a des tonnes d’arguments (sérieux ou scabreux) pour et contre la viande. Moi, sans prétention, je suis convaincu que, dans le meilleur des cas, la consommation de viande en Occident est largement excessive… Et je ne pense pas qu’il soit encore nécessaire d’en consommer. Il ne s’agit pas ici d’un procès d’intention mais, comme j’ai été un grand viandard jusqu’il y a peu, que j’ai avalé des viandes fumées et du Serrano pas plus tard qu’au printemps dernier sous le prétexte de la convivialité et de l’habitude, comme mon remède idéal contre la gueule de bois comprenait bacon et œufs brouillés en quantité astronomique, je pense que je peux emmener certains de mes anciens complices à au moins se poser des questions, voire à changer leur comportement. Dans la deuxième partie de l’article, je proposerai des solutions pour faire face au manque d’alternatives alléchantes. J’espère convaincre qu’on peut être végétar(l)ien ET épicurien…


On trouve, parmi les défenseurs d’une alimentation végétarienne et de l’agriculture bio, de sacrés illuminés, des occultistes et complotistes en tous genres… Tout comme on en trouve aussi parmi les défenseurs d’une alimentation basée sur les produits animaux et le glyphosate (c’est le lot de chaque débat de société, de l’IVG au racisme en passant par le mariage gay et le nucléaire). Il y a quelques jours encore, autour d’un repas végétarien préparé par mes soins qui a inévitablement dévié sur une conversation autour de la pertinence de manger quatre steaks par semaine en 2018, mon interlocuteur m’affirmait avec beaucoup de sérieux être en mesure de tuer un bœuf à l’aide de ses seules canines (qu’il avait longues et pointues certes…). Les tarés sont dans donc dans les deux camps, et si j’utilise un discours parfois provocateur c’est parce, de mon point de vue, il faut éveiller les consciences. Je ne cherche pas à entrer en guerre contre les viandards ni à aller vivre dans la montagne pour manger des cailloux. Mais j’estime que les personnes qui n’ont aucune intention de prendre conscience de la problématique de la viande se comportent en conservateurs bornés. Et enfin, même si je trouve quelqu’un comme Cyril Dion inspirant, je ne suis absolument pas pro-Steiner ou adepte de l’anthroposophie. J’aime le vin en biodynamie (un peu trop), mais je suis du côté de la science et je rejette en bloc les superstitions en tous genres, comme ça c’est dit ! Ceci dit, au passage, s’il s’agit d’une agriculture saine et respectueuse de l’environnement, je me fous pas mal qu’un.e gugus récolte son raisin à la pleine lune, à poil et une plume dans le cul en chantant « À la claire fontaine ». J’espère ainsi éviter les commentaires désobligeants des pseudo-défenseurs de la science qui placent la protéine animale au centre du développement de l’homme du XXIème siècle.


En 2016, j’ai commencé à m’interroger sur ma consommation de viande. Sur le fait que je mangeais du poulet, du porc et du boeuf à chaque repas, ou presque. J’ai donc commencé par réduire les repas carne, et assez vite, sous l’éclairage de ma chère et tendre, il faut bien l’avouer, nous avons décidé de ne plus manger de viande terrestre à la maison (le poisson est venu plus tard, qui va piano va sano…). Autant dire que dès que ma compagne n’était pas là pour un repas, je courais m’acheter une saucisse ou je commandais une entrecôte dans un restaurant. C’est comme arrêter la clope, on a beau savoir que c’est mauvais pour notre santé, que ça pollue et que ça enrichit les pires crapules de la planète, on continue à en avoir envie pendant un moment…


Les mois passant, l’envie de viande me passait elle aussi. En me penchant sur des alternatives végétariennes à mes traditionnelles recettes à base de poulet et haché porc et bœuf, je n’éprouvais plus le besoin de me nourrir de cadavres.

Cependant, de par mon métier de saltimbanque, je me suis retrouvé à tourner beaucoup dans les provinces de France ces derniers mois et à manger dans des restaurants dont les tenanciers vous regardent comme un extra-terrestre quand vous demandez un plat végétarien. J’ai donc, pendant quelques temps, fait des concessions.

L’anecdote est véridique et date du mois de janvier dernier. Petit restaurant de province, un samedi midi. Deux plats du jour. Steak frites ou boudin compote. Je demande donc s’il est possible d’avoir un plat sans viande. On me propose du poulet. Sans doute avec beaucoup d’arrogance (vu mon statut de bobo bouffeur de graines), je précise à notre charmante serveuse que le poulet, quoi qu’on en dise et même si les poules ne savent compter que jusque cinq, ça reste de la viande. Yeux au ciel, on finit par me proposer une sole meunière. Je l’accepte. Parce que je ne veux pas passer pour un casseur d’ambiance, parce que je suis déjà vachement chiant, parce que merde ! La viande c’est convivial, qu’est-ce qu’il a, celui-là, à faire chier son monde ! Il manquerait plus qu’il commence à parler d’abattoirs !

Et c’est là que le problème — en y repensant et au gré de lectures et de documentaires — me saute aux yeux, quelques semaines plus tard. Finalement, si je décide de ne pas manger de viande, je dois presque systématiquement me justifier… C’est triste mais autant le faire bien. Depuis que j’assume mon statut de végétarien complet (par opposition au flexitarien que j’ai été, carnivore occasionnel par nostalgie au début puis par accommodation), je me rends compte à quel point il est difficile de ne pas manger de viande dans la plupart des milieux que je fréquente. Et particulièrement dans le sud de la France (vive le canard… Les Ardennes belges ne sont pas en reste) il faut bien l’avouer, comparé à Édimbourg où je viens de passer un week-end, il n’y a pas photo… Mais au-delà de ça, je réalise à quel point il est surtout difficile de faire comprendre qu’on peut très bien manger sans pourrir la planète, son corps et la vie des animaux. Le faire comprendre aux restaurateurs enfermés dans leurs idées que la seule façon de ripailler convenablement passe par le coq au vin et le magret de canard, ou aux amis qui se foutent ouvertement de votre gueule lorsque vous posez des préparations végétariennes sur un barbecue, vous affirmant que votre vie va être tellement triste si vous ne mangez pas de viande, et qu’en plus, vous serez en mauvaise santé !


Après quelques paragraphes qui sembleront certainement hyper moralisateurs et empêcheur de tourner en rond, je me lancerai dans la présentation d’une philosophie qui prône la bonne bouffe sans viande et sans fromage via le lancement d’une page où je partagerai mes recettes élaborées au fil d’expérimentations. Après dix ans de cuisine carne, réinventer sa cuisine et développer des plats au goût nouveau est totalement jouissif. Mais d’abord, la méchante critique et le discours révolutionnaire.


Au-delà de se justifier, je pense qu’il est presque inutile d’être végétarien sans le revendiquer, sans en parler, sans montrer l’absurdité du régime carne alors que la canicule nous étouffe. Il faut réellement amorcer une révolution. Qu’on me traite de nazi, très bien. Exploiter des animaux pour les bouffer me paraît autrement plus condamnable que d’exposer les nombreux méfaits de la consommation de produits d’origine animale à un pote en train d’engloutir un rôti de veau. Il s’agit bien d’une révolution, d’un changement urgent et d’une lutte contre le capitalisme. Il s’agit de sauver la planète et d’emmerder le lobby pharmaceutique. Ça peut sembler délirant, mais je vous invite à poursuivre votre lecture et, si vous n’êtes pas convaincu ou me prenez pour un fanatique possédé, à découvrir les deux, trois références qui clôturent cet article. Étape par étape, le processus est long et, si vous vous engouffrez dedans comme je le fais, vous passerez parfois pour un rabat-joie moralisateur. Mais ça vaut le coup, pour la santé, pour les milliards d’individus qui manquent d’eau, pour la planète et pour le respect des espèces qui nous entourent.

Finalement, j’en suis venu à avoir tellement d’arguments et d’exemple criants que les débats s’enveniment souvent. Et il faut dire, qu’effectivement, ce n’est pas évident d’arriver de front en prônant un changement de paradigme à des gens qui t’expliquent qu’ils ne mangent « presque pas de viande » alors qu’ils grignotent un saucisson tandis que leur blanquette mijote, après avoir avalé un sandwich à l’américain préparé à midi. Je vais énumérer une série d’anecdotes et de réflexions personnelles qui, à mon sens, expose le paradoxe et l’aveuglement de la société face à la question de la consommation de produits d’origine animale. Par la même occasion, je voudrais rappeler ce que veut réellement dire « manger de la viande » (et des produits laitiers. Et des oeufs par la même occasion).

L’argument qui m’a d’abord convaincu de limiter ma consommation, même si le sevrage fut difficile (je parle de sevrage parce que, d’un certain point de vue, la viande est une drogue), c’est celui de l’écologie. Quand on voit ce qu’il faut comme eau et comme graines pour nourrir une bête « destinée à la consommation » (l’expression en tant que telle est déjà ignoble si on y réfléchit deux minutes), on a vite fait d’y repenser à deux fois avant de commander un filet mignon Rossini ou une langue de veau sauce madère. On en viendrait presque à vouloir affirmer qu’être écolo tout en mangeant de la viande, c’est le comble de l’absurde. « Oui, mais si elle est bio ?» me direz-vous. La vache bio pète autant qu’une vache non-bio. Une phrase toute faite mais tellement véridique. Elle ne mange pas ? Elle ne boit pas ? Elle ne chie pas ta vache ? (L’histoire des pets de vache fait toujours sourire, mais rien qu’en France en 2013, l’élevage bovin polluait autant que 15 millions de voitures).

Il s’agit effectivement d’une question de courage politique, mais si le peuple ne prend pas conscience de la situation, le politique ne bougera pas. Pas plus tard qu’il y a quinze jours, j’étais barman au stage Jazz au Vert organisé par l’association Les Lundis d’Hortense. Bref, ce stage en internat prend place dans un centre géré par la Fédération Wallonie-Bruxelles, un organisme étatique. Inscrit aux repas à peine mangeables de la cantine en tant que végétarien, je suis attablé à côté des omnivores. À l'exception d’une omelette (dont les œufs ne venaient certainement pas de la poule de la voisine gambadant librement dans de vertes étendues), chaque repas comprenait sa dose de viande. Sachant que des écologistes siègent au parlement de la FWB, je ne peux que m’interroger sur le manque de discernement dans les directives données aux cantines des établissements qu’ils chapeautent. De la viande, deux fois par jour… Même sans être végétarien, sans être foncièrement écolo, sans se soucier de sa santé outre mesure, n’y a-t-il pas là quelque chose qui vous semble aberrant dans un régime pareil ?


Même si je ne me définis pas comme anti-spéciste, le délire de l’élevage industrialisé et de l’abattage de 1900 animaux par seconde dans le monde me dégoûte profondément (ça fait 60 milliards par an, un chiffre qui risque de grimper à plus de 110 milliards d’ici 2050, et même 140 milliards selon les pessimistes). À l’exception de quelques provocateurs bornés contre l’éternel et de l’un ou l’autre psychopathe, je pense que même les plus grands amateurs de viandes ne disconviendront pas de la folie dans laquelle est plongée l’industrie agroalimentaire dans son ensemble et plus particulièrement en matière de produits d’origine animale. Mais, malgré quelques récentes lectures, en étant aussi calé en sociologie que ma grand mère en langage HTML, je ne peux m’empêcher de constater que le rapport à l’animal est totalement biaisé dans nos sociétés occidentales.


Une petite histoire pour illustrer ce que j’affirme avec arrogance. J’ai été scout dans une unité dont l’ouverture d’esprit n’a rien à envier à n’importe quel baba cool sur le retour. Lors d’un camp d’été, la bande d’ados que nous étions s’était vue offrir la compagnie d’une demi-douzaine de poules gambadant dans un enclos rudimentaire. Vous me voyez venir. Un beau matin, les chefs nous annoncent que les gallinacés susmentionnés, maintenant partie intégrante de notre joyeuse famille, feront office de repas du soir. Le panel de réactions parle de lui-même. Certains ont ravalé un sanglot, d’autres se sont indignés avec véhémence, beaucoup n’ont pas voulu le croire. Pendant ce temps-là, certains sont revenus prestement au bord de l’enclos, hache à la main, répondant avec un enthousiasme suspect à cet appel du sang. J’en étais. Un petit groupe se chargea donc de trancher les têtes. Quand vint le moment de plumer, certains avaient déjà abandonné… Lorsqu’il fallut vider les viscères, de mémoire, nous n’étions plus qu’une poignée. En bout de course, même parmi ceux qui avaient, avec beaucoup d’enthousiasme, abattu le hachoir sur la nuque des oiseaux, je compte sur les doigts de ma main ceux qui ont mangé de la poule ce soir-là. Par contre, les chefs, soucieux de ne pas laisser cette marmaille affamée, ont été acheter des poulets sous cellophane qui, eux, ont été engloutis en moins de deux… Je ne ferai pas l’affront à votre intelligence de tirer moi-même une conclusion ou la morale de cette petite aventure…

Si vous voulez choquer et faire monter votre interlocuteur sur ses grands chevaux, amusez-vous à faire la comparaison suivante lorsqu’il vous dit que vous l’emmerdez à lui dire que manger de la viande, c’est participer à la domination de l’homme sur animal : « J’imagine qu’un esclavagiste tenait le même discours quand un ami lui disait qu’il devrait arrêter d’exploiter ses esclaves… » On aurait du mal à concevoir que le type aurait répondu : « Mais on a toujours eu des esclaves, comment veux-tu que je m’en sorte si je devais les payer, merde ! Leur laisser le choix ?! Si t’as pas envie d’avoir des esclaves c’est ton problème, mais viens pas me faire chier avec ça ! »… Et pourtant ! Résultat garanti ! On va me dire que j’exagère, que ce n’est pas comparable, sans doute… Ou pas. En tous cas, ça a le mérite de faire réagir.


Pour mettre en lumière l’hypocrisie du spécisme aveugle, je pourrais vous rappeler le scandale des lasagnes chevalines ou les gens s’indignant devant le festival de la viande de chien en Chine tout en dégustant un civet de lapin au vin rouge, ceux qui pleurent devant une corrida, un seau de chez KFC sur les genoux… Bref, on vous a déjà rabâché les oreilles mille et une fois, essayez juste d’y réfléchir sérieusement et objectivement la prochaine fois que vous serez devant des rayonnages de viande en barquettes ou devant l’étal de votre boucher… La grande majorité de la viande bio, que vous le vouliez ou non, est abattue dans les mêmes abattoirs que la viande de batterie… Que vous le vouliez ou non, manger une viande éthique et propre à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, c’est presque impossible et c’est un produit de très grand luxe… Qui bouffe des huîtres aux safran sur un lit de caviar à chaque repas ? En réalité, la viande ça devrait être ça. Si vous estimez que c’est si important à votre bonheur, faites-en un produit de luxe, achetez-la très chère chez un fermier qui ne tue que quelques bêtes par an, sur place. Ou tuez une poule vous-même pour l’anniversaire du petit, et montrez-lui ce qu’est la viande… C’est trash, mais ça a le mérite d’être concret et de remettre l’église au milieu du village.

Enfin, l’argument qui m’est tombé dessus par expérience personnelle et qui est le plus frais dans ma réflexion est celui de la santé. Depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai eu des maux de ventre après au moins 7 repas sur 10, plus ou moins intenses, je devais m’allonger sur le sol pendant plusieurs minutes pour que ça passe et j’étais souvent dérangé toute la soirée. Depuis que j’ai arrêté la viande, ça ne m’est arrivé qu’une fois après une pizza quatre fromages (ce qui me pousse à abandonner aussi les produits laitiers et les œufs, une fois qu’on est dans la cuisine vegan, on trouve des alternatives parfaitement convaincantes, voir bien meilleures. Si, si !). En me renseignant un peu (et grâce encore une fois sur les conseils de ma compagne), je me suis rendu compte que je vivais dans un mythe. La grande psychose serait de manquer de protéines de calcium…

Je ne suis pas un scientifique et vous pourrez allez plus loin par vous-même si le cœur vous en dit. Un exemple : le lait maternel humain, liquide ultime de croissance du nourrisson Homo sapiens sapiens, est l’un de ceux qui, dans le règne des mammifères, contiennent le moins de protéines… On remarque aussi que l’ostéoporose (en plus d’être une maladie purement humaine, seule espèce à consommer de façon systématique le lait d’une autre espèce) est plus présente au sein des populations ingurgitant beaucoup de produits laitiers… Quand on voit sur quel piédestal la propagande gouvernementale, à grand coup de lobbying, a placé le lait (pour son calcium « tellement bon pour les os »…) et la viande (pour les protéines qui manquent cruellement au végétar(l)ien…) dans les pyramides alimentaires affichées dans les classes de notre enfance… On se demande de qui on se moque.

Sans être complotiste et avec tout l’esprit critique possible, on est en droit de se poser des questions sur l’industrie pharmaceutique. Aux États-Unis, le masque est plus ou moins tombé, les médicaments sont un produit sur lequel on peut spéculer comme les autres, depuis longtemps. Comme pour l’obsolescence programmée ou Monsanto avec son maïs stérile, le consommateur de médicaments doit continuer à en consommer. On ne soigne plus pour guérir, on soigne pour garder en vie. En vie mais malade. (la corrélation entre consommation de produit animaux et l’augmentation du diabète et des maladie cardiovasculaire est actée). Je ne vais pas m’engouffrer dans un sujet controversé que je ne maîtrise pas pleinement. Mais il est évident, et je l’ai vérifié par moi-même, qu’un changement d’alimentation peut vous permettre de soigner des symptômes de façon radicale. C’est vrai pour le gluten chez certains, c’est vrai pour la viande chez d’autres. Mais jamais aucun médecin ne m’a suggéré d’arrêter la viande pour soigner mes crampes intestinales alors que de multiples études en démontrent les méfaits, contrairement à une alimentation végétale…


J’ai conscience que tout ce que je viens de dire peut choquer et me faire passer pour un illuminé, un inquisiteur et un emmerdeur. Mais si vous culpabilisez, si vous avez l’impression que ce genre de discours restreint votre liberté, ça prouve à quel point le paradigme de la viande est ancré en nous. J’en ai fait l’expérience en partageant le menu 100% carne d’un resto-route sur Facebook, voulant montrer l’absence totale de solution végétarienne. Certains de mes contacts se sont sentis agressés, ont senti le besoin de se justifier, de débattre et de me montrer à quel point je les attaquais dans leur liberté individuelle… Alors que je ne faisais que mettre en lumière le fait qu’en tant que végétarien, on est totalement soumis au dictat et au lobby de la viande, sans aucune alternative ou presque… Parce qu’il faut bien reconnaître que l’alimentation veggie/vegan souffre d’une image austère. Dans la grande majorité des restaurants (et deux semaines dans le sud de la France me l’ont confirmé), si on trouve un plat végétarien à la carte, c’est beaucoup. En plus, c’est souvent cher (aussi cher ou même plus cher que la version viande ou poisson du même plat !), absolument pas réfléchi ni équilibré, et rarement bon… Mais débattre sur un sujet paradoxalement aussi émotionnel, c’est peine perdue. Donc, autant essayer de faire germer les graines d’une alimentation un rien plus responsable dans l’esprit des autres. J’en viens à adopter une philosophie plus positive en proposant de bons petits plats gourmands, vegans (parfois végétariens), à base d’aliments les plus locaux et de saison possibles… (Rome ne s’est pas faite en un jour)


Avant, lorsque j’invitais des gens à diner, je faisais un plat de viande ou de poisson. Même si j’avais arrêté d’en cuisiner, c’était l’occasion. La viande, c’est convivial, et puis j’avais pas envie de faire chier. Mais en faisant ça, je me suis rendu compte que le fait de ne presque plus manger de viande n’avait finalement aucun impact. La seule façon de faire passer un message, sans rentrer dans un argumentaire à charge comme je peux le faire en ce moment et dans les 3500 mots qui précèdent, c’était de convaincre par les papilles qu’on peut faire un repas festif, bon, gourmand et convivial… sans viande ! Pour casser le cliché, j’ai donc réalisé un menu de Nouvel An 100% végétarien pour une dizaine d’amis, en utilisant tout de même quelques œufs bios de petits producteurs comme liant. À l’époque, pas encore prêt à franchir le pas du mec chiant, j’avais consenti à cuire un rôti de biche en plus pour certains inconditionnels de la bidoche. Je ne le referai peut-être plus aujourd’hui. Mais, peut-être par politesse (je n’en saurai sans doute jamais rien!), tout le monde a été enchanté. Au début de l’été, en vacances avec ma belle-famille, j’ai cuisiné tous les soirs des repas entièrement végétariens (principalement vegan) et tout le monde m’a avoué ne même plus penser à la viande à la fin de la semaine, à aucun moment ça n’a paru leur manquer. Et depuis, je continue à proposer des repas végétariens, pas plus tard qu’il y a une semaine pour l’anniversaire de mon père, qui fut un carnivore acharné mais se soigne, de l’apéro au dessert, j’ai trouvé des recettes super festives qui ont convaincu les plus viandeux de la tablée (même le monsieur qui tue des bœufs avec ses dents)… Ayant fait saliver quelques amis sur les réseaux sociaux avec les plats que je cuisine chez moi, l’idée m’est venue de proposer mes recettes et mes idées sur une page Facebook et un compte Instagram.

Après toutes ces concepts moralisateurs et ce discours vindicatif et culpabilisant, je me suis dit qu’il serait plus constructif de convaincre par la bouffe que de me faire des ennemis en vexants mes amis, aussi retors puissent-ils être sur certains sujets comme je le suis sûrement sur d’autres…


PS : Malgré toutes mes précautions, je pense que ce post va susciter débats et indignations parce que je remets en cause un paradigme qui suit la plupart d’entre nous depuis la prime enfance. Mais avant de crier au loup et d’insulter, ou d’écrire des commentaires condescendants et pseudo-scientifiques (« Le lion mange de la viande ! » « Oui, mais nous ne sommes pas des lions »). Assurez-vous d’être bien renseigner, d’être documenté et que la réponse à votre esclandre ne se trouve pas parmi les 3800 mots de ce texte. Je veux bien débattre mais pas jouer aux échecs avec un pigeon. À bon entendeur.

« It’s hard to win an argument with a smart person, it’s nearly impossible with a stupid one… »

Voici quelques documentaires et lectures qui m’ont accompagné ces derniers temps :

  • « What The Health » de Kip Andersen, Keegan Kuhn et co-produit par Joaquin Phoenix. Controversé et sûrement discutable, mais éloquent. On peut remettre en cause les méthodes Michael Moore, ça n’empêche pas que les Américains ont un sacré problème avec les armes à feu. Ici, c’est pareil mais avec l’industrie pharmaceutique à la place de la NRA (National Rifle Association).

  • « Earthlings » de Shaun Monson (et narré par Joaquin Phoenix, encore lui, qu’est-ce qu’il a celui-là ?) http://www.nationearth.com/. Film de 2005, insoutenable par moments, mais qui pousse à se poser des questions sur notre rapports aux animaux à tous les niveaux (et pas seulement alimentaire).

  • « Petit manuel de résistance contemporaine » de Cyril Dion (Le mouvement Colibri a ses dérives, j’en conviens). Livre qui me pousse à ne pas être un végétarien dans mon coin et à vous faire chier comme je le fais dans ce papier. Je suis convaincu que la protection de l’écologie est un enjeu majeur et que ça passe par la fin du « tout viande à tout va ». Et j’estime que si j’en suis convaincu, je dois le faire savoir.

  • https://www.youtube.com/watch?v=0cssVB8vrpA : Pour se rendre compte d’un autre aspect désastreux de la consommation de viande : celui des travailleurs des abattoirs.

  • EDIT (8/8/18) : Petit site ludique (renseigné par mon ami Emma Nue) pour vous rendre compte de ce que votre consomation de viande consomme en eau : http://7900litres.com/

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